parolesdedeportes

"Paroles de déportés" - témoignages et rapports officiels paru chez Bertillat, en 2005, est plus que jamais important, à l'heure où les derniers rescapés des camps de concentration, décèdent, les uns après les autres, soixante-quatorze ans après la fin de la seconde guerre mondiale.

Il ne restera bientôt d'eux, que leurs témoignages, écrits ou oraux, pour raconter l'enfer des camps.

Ce livre contient les témoignages de victimes des camps de concentration et des extraits de rapports officiels collectés au lendemain de la Seconde Guerre Mondiale.

C'est un ouvrage terrifiant, où chacun apporte sa parole, en quelques lignes simples, d'un enfer dont peu sont revenus.

"le camp d'aviation du petit Koenigsberg, par exemple, a été fait par trois cent déportés qui ont damé le terrain en le martelant avec leurs pieds durant des jours entiers. Quand le travail fut terminé, il en restait dix." Ravensbruck, rapport, antenne d'Annemasse.

Il faut avoir le coeur bien accroché pour venir à bout de tous ces témoignages. Il n'y a pas vraiment "d'émotion" dans ces textes et c'est ce qui les rend encore plus horribles. Ils sont au-delà de l'émotion, juste des témoignages de faits avérés.

Derrière chaque témoignage, il y a une victime qui a survécu et qui parle des victimes qui n'ont pas eu cette "chance". Ultime déshumanisation, ceux qui sont morts ne sont plus que des nombres : dix sont morts, vingt ont été exécutés, cinquante sont morts de froid.....Seuls les témoins sont nommés, pour les autres, il ne reste plus que des listes interminables de morts, sans que l'on puisse dire comment.

Peut-être est-ce mieux ? Jeter un voile pudique sur les circonstances monstrueuses de leur décès. Les familles ont-elles besoin de savoir comment ? "Mort dans les camps de concentration", "mort en déportation", sont deux phrases qui semblent suffire tout en contenant toute l'horreur du monde.

Ce livre est un recueil de ce que l'être humain peut faire de pire à d'autres êtres humains. Il est impossible de dire qu'on a aimé ce livre. On peut juste dire, je peux juste dire, qu'il est nécessaire.